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05h07 du matin, et je suis assise là, recroquevillée sur mon lit, comme assise au bord d'un précipice. Étranglée dès l'aurore, sans bouger, le c½ur au bord des lèvres, je tente d'effacer ces images, ces sons, de mon esprit embrumé.
Je me lève et fuis mes rêves interdis, à qui j'ai voué mes insomnies. A pas lents et dénués de toute motivation, je descends les escaliers, laissant ainsi tout mon poids écrasé chaque marche dans d'inquiétants bruits de craquement, qui me sortent peu à peu de mes songes !
Portant ma main sous le nez, et en grimaçant de dégout :
- Hum !....Ça empeste ici !En me dirigeant vers les fenêtres, je pries soin, comme d'habitude, d'enjamber mon père, allongé, ou devrais je dire "écrasé" de tout son long à même le sol, au beau milieu de notre modeste salon.
- Je vais aérée tout ça moi, tu vas voir !Dans un geste rapide, j'ouvris en grand les deux battant de la fenêtre, laissant ainsi une vague de fraicheur parcourir la petite pièce pauvrement meublée. En ramassant plusieurs bouteilles d'alcool vides sur mon passage, je m'arrête à la hauteur de mon père plongé, comme à son habitude, dans un sommeil profond et alcooliser à outrance !...... Sans le moindre regard compatissant et d'une voie lace :
- Papa !.....Papa, réveille toi !De la pointe du pied, je secoue son corps mou et imbibé.
- Ho !....P'pa !.... Je te parle !- Hurrmmmm !- s'il te plait, vas t'allonger dans ton lit, tu.....Tu seras mieux !- Hum !....Mais quesque tu racontes.....je suis déjà allongé, et puis tu devrais pas être à l'école ?.....Humrrggr ! Marmonna t'il, en se redressant avec difficulté !
- Papa, il est 05h15 du matin !.....Et sa fait longtemps que je ne vais plus à l'école, je travail !.....Tu te rappels ?Je détourne la tête, de son regard interrogateur, apparemment il n'a pas compris un mot de se que je viens de lui dire. Pourquoi comprendrait-il après tout ? Je ne suis qu'une étrangère à ses yeux ! et rien autre. Il se moque pamale de mes nuits noires, de mes douleurs, de mes pudeurs, de mes regrets....Il ballait tout d'un revers de manche, et sombre chaque jour un peu plus, enterrant ainsi la mémoire de notre famille, et celle du passé.
Sans lui adressée le moindre regard, je pose les bouteilles en verres que je tenais dans les mains, et je saisie l'un des pieds de mon père, pour lui retiré ses chaussures, décidément bien ficelées !
- Si....Si il est que 05h15 du mat', pourquoi tu ne dors pas ?..... me demande t il en grognant !
- Sa fait trois ans que je ne dors plus, Papa !Une fois mon père en chaussettes, je l'aide à se relevé et je l'accompagne jusqu'à sa chambre, où, comme d'habitude, il s'écroulera à nouveau !
D'un pas actif, je me dirige dans la cuisine, je m'empare d'un sac poubelle, et parcourt le salon de long en large et en travers, pour ramasser "les cadavres de bouteilles" de mon père. J'ai beau fermer les yeux, mais comment me taire ? chaque jour, je tente d'effacer ses erreurs, balayant les décombres qui laisse derrière lui.
Bien sure, dans une famille normalement constituée, je pourrais lui venir en aide et ainsi le défaire de ce qu'il est ! Mais il m'est impossible de le regarder sans éprouvée de la ranc½ur ou même de la haine.....Alors pourquoi devrais je me faire aimer de lui, sans aimer en retour ? Pourquoi devrais je m'en faire ? On ne peu pas revenir en arrière, quoi qu'il advienne, la vie nous enterre !
Je viens d'avoir dix-huit ans, et j'ai l'impression, d'avoir déjà trop vécu. J'ai l'étrange sensation de vivre depuis trois ans, exactement la même journée, vous savez ? Revivre indéfiniment les même choses, sans même qu'un détails ne soit changé, un recommencement perpétuel sans fin !
Après avoir fait un peut de ménage, je monte à l'étage et je m'engouffre dans la salle de bain, pour n'en ressortir qu'une demi heure plus tard....Douchée, coiffée, et maquillée !
Je m'attèle ensuite à la cuisine, en écoutant " à fond" mes chansons favorites sur mon lecteur MP3. Rapidement, je jette un sachet de riz dans une casserole d'eau, que je place sur le gaz. Je n'est même pas besoin de réfléchir, chacun de mes gestes sont automatiques, je reproduis chaque fois les mêmes mouvements. Comme chaque matin, je prépare le repas de midi pour mon père, je bois mon café qui a le même goût, dans la même tasse et de la même manière que la veille. Je me laisse ensuite glissée le long du mur, j'allume une cigarette au même moment et de la même façon que d'habitude....
Depuis trois ans, c'est comme ça, mon existence est orchestrée sur du papier à musique, ma vie s'est arrêté, j'ai incendié mes sentiments et assassinée mon c½ur. Je ne suis qu'une coquille vide, on m'a arrachée mon âme pour ne laisser qu'une enveloppe corporel, dont je suis prisonnière !
Mes cauchemars ont violé mes rêves !!!!
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